Entretien chez McKinsey : case interview, entretien personnel et test en ligne
· 8 min
On résume souvent l'entretien en cabinet de conseil au seul case interview. C'est une erreur de préparation coûteuse : dans les grands cabinets de stratégie, l'entretien consacré à votre expérience personnelle pèse autant, et il est bien moins travaillé par les candidats.
En quoi consiste le case interview exactement ?
On vous soumet un problème d'entreprise — une marge qui s'effondre, un marché à évaluer, une décision d'investissement — et vous devez le structurer à voix haute avec l'examinateur. Le format est conversationnel : vous posez des questions, on vous donne des données, vous concluez. Ce n'est pas un exercice de connaissance sectorielle. C'est un test de structuration : découper un problème flou en parties nettes, sans en oublier une.
Faut-il apprendre des cadres d’analyse par cœur ?
Non, et les réciter est un signal négatif. Les cadres classiques servent à ne rien oublier, pas à être annoncés. Un candidat qui déclare « je vais appliquer un cadre en quatre axes » avant même d'avoir compris le problème se disqualifie ; un candidat qui propose une découpe faite sur mesure pour ce cas précis marque immédiatement. La règle utile : votre structure doit être exhaustive et sans recouvrement, et elle doit venir du problème posé.
Le calcul mental est-il vraiment éliminatoire ?
- Il ne l'est pas en soi, mais une erreur d'ordre de grandeur l'est presque toujours : elle suggère que vous ne surveillez pas vos propres résultats.
- Entraînez-vous aux pourcentages, aux règles de trois et aux divisions sur de grands nombres, sans calculatrice et en parlant.
- Annoncez votre calcul avant de le faire — cela permet à l'examinateur de vous corriger tôt, ce qui vous sert.
- Arrondissez volontairement et dites-le. Travailler en ordres de grandeur est vu comme une compétence, pas comme un raccourci.
Qu'est-ce que l'entretien d'expérience personnelle et pourquoi élimine-t-il ?
C'est un entretien approfondi sur deux ou trois situations vécues, généralement autour du leadership, de l'impact personnel et de la résolution d'un conflit. La difficulté n'est pas de trouver l'histoire : c'est la profondeur des relances. On vous demandera ce que vous avez ressenti, ce que l'autre personne a répondu, pourquoi vous n'avez pas fait autrement. Une histoire préparée en surface s'effondre à la troisième relance. Préparez donc peu d'histoires, mais très en détail.
Comment fonctionne le test en ligne avant les entretiens ?
La plupart des grands cabinets font passer une évaluation numérique en amont, dont le format évolue régulièrement — jeu de résolution de problèmes, exercices de raisonnement sur données. Vérifiez le format en vigueur auprès du cabinet plutôt qu'auprès d'un forum, car les descriptions circulant en ligne sont souvent périmées d'une saison ou deux. Le fond, lui, ne change pas : raisonner vite sur des données incomplètes.
Comment se préparer efficacement, et avec qui ?
À deux, à voix haute, en conditions. Un cas travaillé seul sur le papier donne l'illusion de la maîtrise : la difficulté réelle est de tenir la structure en parlant, sous relance. Comptez plusieurs dizaines de cas pratiqués avant d'être à l'aise. Nos articles sur l'entretien chez Deloitte et sur le cas pratique en entretien donnent des points de comparaison.
On ne recrute pas celui qui trouve la bonne réponse. On recrute celui dont on comprend le raisonnement assez bien pour lui confier un client.
Préparez enfin vos propres questions : dans le conseil, elles pèsent réellement. Voyez les questions à poser au recruteur.