Préparer un entretien : la méthode complète, de J-7 au jour J

· 9 min

La plupart des candidats préparent leur entretien la veille au soir, en relisant l’offre et en cherchant des questions types. C’est mieux que rien, et c’est très en dessous de ce qui se joue. Une préparation efficace tient en quelques heures — à condition qu’elles soient réparties, et qu’une partie soit passée à parler plutôt qu’à lire.

J-7 — Comprendre l’entreprise, pas la mémoriser

Trente minutes suffisent, à condition de chercher les bonnes choses : ce qu’elle vend et à qui, comment elle gagne de l’argent, qui sont ses deux principaux concurrents, et ce qui a changé chez elle ces douze derniers mois. Une levée de fonds, un nouveau marché, un rachat, une nouvelle direction.

Ce dernier point est le plus rentable : il vous donne une question à poser que personne d’autre ne posera, et il montre que votre intérêt est réel.

J-6 — Décoder l’offre ligne à ligne

Une annonce n’est pas une description de poste, c’est une liste de problèmes à résoudre. Reprenez-la ligne par ligne et, en face de chaque exigence, écrivez la preuve que vous apportez : une mission, un chiffre, une réalisation.

Les lignes restées vides sont vos points faibles. Vous serez interrogé dessus. Préparez pour chacune une réponse honnête : ce que vous avez de proche, comment vous comptez combler l’écart, et en combien de temps.

J-5 — Constituer votre stock d’histoires

Les questions comportementales — « racontez-moi une fois où… » — représentent souvent la moitié de l’entretien. Elles ne s’improvisent pas. Préparez cinq situations vécues, couvrant : une réussite dont vous êtes fier, un échec, un conflit, une contrainte de délai, une décision difficile.

Chacune se raconte en contexte, action, résultat. Le résultat doit être chiffré : « le délai est passé de trois semaines à cinq jours » vaut vingt fois « ça s’est bien passé ».

J-4 — Vos deux minutes d’ouverture

« Parlez-moi de vous » ouvre presque tous les entretiens, et détermine le regard porté sur tout le reste. Écrivez-la, chronométrez-la, réduisez-la. Deux à trois minutes, pas davantage. Elle doit se terminer sur la raison qui vous amène ici, aujourd’hui, dans cette entreprise.

J-3 — Le salaire et vos questions

Deux sujets qu’on repousse et qui arrivent toujours. Pour le salaire : cherchez les fourchettes pratiquées pour ce poste, dans cette taille d’entreprise, dans cette région. Arrivez avec une fourchette, un plancher que vous ne franchirez pas, et la raison qui justifie la borne haute.

Pour vos questions : trois suffisent. Sur les priorités des six premiers mois, sur la composition de l’équipe, sur la façon dont la réussite sera mesurée. Ce sont des questions de futur collègue, pas de candidat.

J-2 — Répéter à voix haute

C’est l’étape que presque personne ne fait, et c’est la seule qui distingue vraiment. Savoir quoi répondre et savoir le dire sont deux compétences différentes ; la seconde ne s’acquiert qu’en parlant.

Répétez face à quelqu’un, ou à défaut en vous enregistrant. Vous découvrirez ce que vous ne pouvez pas voir en relisant : les hésitations, les phrases sans fin, les réponses de quatre minutes qui devraient en durer une, et les moments où vous ne croyez pas vous-même à ce que vous dites.

Personne ne réussit un entretien en ayant seulement lu ses réponses. On réussit en les ayant déjà dites, au moins une fois, à quelqu’un qui écoutait. — JobView

J-1 — La logistique, pour ne plus y penser

Le jour J, ne révisez plus. Relire ses notes trente minutes avant fait remonter le doute, pas la confiance. Arrivez en avance, respirez, et rappelez-vous que vous avez déjà dit tout cela à voix haute.